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[26/10/2007 5:12 pm]
Pour toi qui comprendra
Nous étions assis l'un l'autre proches de nous, loin de tout ; toi tu savais les mots à me dire et les gestes à faire pour apaiser mon cœur.

Quand tu me les as donnés, je t'ai regardé avec ta bouche rouge, tes yeux noirs de mes ténèbres dans la lumière de ce matin là, ta chevelure d'or où j'ai glissé mes doigts et dont j'ai filé la laine, avec tes joues dorées de poupée de porcelaine et les fines marques qui prolongent tes paupières bleues.

J'ai alors gravé ton image en moi, comme une cicatrice.

Je me suis dressé, statue immense qui t'a fait lever les yeux au ciel et prendre conscience de la place que j'occupais dans cet espace restreint.

Que pouvais-je faire d'autre à cet instant que de me baisser et te porter dans mes bras pour t'emmener là bas au loin.

Lovée dans mes bras, tu as posé tes ongles rouges sur la peau mate de mes biceps et pendant que j'avançais sur notre chemin, tu as laissé ta marque profonde me griffant au sang pour me signifier que ton besoin de liberté et ton désir de m'être soumise livraient bataille en toi. Qu'importe tes traces sur mon corps, elles me sont égratignures à coté de
la cicatrice du cœur.

Pour te rassurer, je dépose furtivement un baiser salé sur ta bouche, l'effet se fait sentir rapidement, ton corps se détend, tu fermes les yeux, tu me laisses d'emmener sur le chemin de notre destin.

Près de la rivière qui coule paisiblement, sous le saule qui abrite des regards, je t'ai déposée sur l'herbe tendre; surprise par la douceur de l'endroit et sa simple beauté, tu m'as souri, émue que tu étais d'être à cet endroit.

Ta bouche en forme de cœur a soufflé ce baiser que le vent de ton haleine m'a porté; Il est entré en moi et m'a enfin permis d'espérer.

L'eau de la rivière emporte les mots incompris, et les sentiments de violence qui nous ont sali, reste dans notre nudité de cœur et de corps à mêler les désirs de fusion pour n'être plus qu'un seul esprit qui se répand sur la vallée comme une brume légère qui recouvre les êtres et les choses.

Sous le rideau formé par les branches lascives du saule, les franges de la lumière du soleil forment sur tes jambes nues des arabesques se mêlant aux teintes irisées de ta peau.

Sur le bord de la rivière montrant le bout de sa coque, la barque en bois, à la peinture écaillée, heurte de temps en temps le rebord de la berge, comme une invite soutenue à une promenade.

Un regard échangé, un sourire, un accord tacite qui naît, et nous voilà enjambant le bastingage, troublant la paix du moment de nos rires de déséquilibre.

Un canard s'envole, furieux d'être dérangé.

Mollement allongé au fond de la barque, je te regarde pousser les rames, ton bandeau dans les cheveux, mis là comme pour me confirmer ta volonté de produire cet effort.

Malicieusement, je baisse le regard sur tes jambes, l'air de rien, pour contempler la lisère de ta jupe et bientôt sous la tension exercée par des mouvements gracieux, je suis récompensé par une image de toi ouverte et, j'imagine déjà un peu vite, offerte.

Tu t'en rends compte et j'ai droit à une éclaboussure d'eau, prise à la rivière avec ta main en conque. Je fais le surpris, m'indigne faussement et finis par prendre les rames, pour te laisser à ton tour admirer le délié des mouvements synchrones des muscles qui jouent sous ma peau.

L'effort a fait naître le long du bandeau et de tes tempes, de fines gouttes de sueur.

Tu souffles et te mets en position étendue, jambes sagement allongées et serrées. Mais est-ce le rythme des rames qui plongent et se relèvent, au bout d'un instant, tu m'accompagnes inconsciemment par un mouvement d'abord léger, puis ample, des genoux qui s'approchent puis s'écartent progressivement, comme s'il s'agissait de créer un léger courant d'air sous la jupe.

Je ne suis pas dupe, à la fraîcheur ressentie se joignent d'autres sollicitations qui, au fond, viennent comme un complément au plaisir ressenti d'être avec moi, en plein soleil, dans ce décor magnifique de la rivière qui coule dans son lit entre les deux rives soulignées par les arbres et les bosquets.


Le courant est plus fort au milieu de la rivière. Je peine un peu. Tu t'en rends compte, en posant ta main sur ma cuisse, tu me montres une anse plus paisible à l'abri des regards. Je vire notre barque et à longues bordées remontantes je tire l'embarcation vers le havre.

A l'arrivée, la tête penchée sur la poitrine, le souffle un peu court, la sueur commence à dégouliner, j'en profite pour ôter mon tee-shirt noir d'un geste viril en le faisant passer par-dessus mes épaules d'un seul geste qui dévoile mes aisselles. Tu n'en perds pas une miette.

L'eau est claire à cet endroit. Tu ôtes ton corsage sage, dégrafe le haut de ton maillot, qui va rejoindre mon vêtement au fond de la barque. La jupe suit le même chemin. Et c'est là que debout sur la barque, tu m'offres le plus beau spectacle qu'il m'est été donné de contempler.

L'alignement parfait de tes seins de pierre, tes épaules musclées mais menues portant ton cou gracile forment une figure de statue grecque. Le ventre plat, la lisière du slip blanc qui contient à peine ta toison drue, la proéminence de ta féminité, tout est appel à ma ferveur.

Pourtant je te laisse suivre ton idée, et tu plonges la tête la première dans l'onde, sans prévenir, naïade gracieuse dans son élément presque natif. J'égrène les secondes, dix déjà, à quinze l'inquiétude sourde un peu. Je me penche sur le coté où les eaux t'ont prise. Rien, et c'est ce moment que tu choisis pour me pousser en arrivant par derrière. Je tombe comme une masse dans l'eau, sous tes éclats de rire. Quelques brasses et nous voilà réunis, nous tenant les mains et agitant de concert nos jambes pour rester à flots.

L'idée est amusante, mais pendant ce temps, le courant malin éloigne la barque de plus en plus vite sans que nous puissions faire un geste.
Un peu contrarié nous gagnons la berge, toi à mi-nue, moi en pantalon trempé et torse nu.

Le soleil semble moins chaud, quelques frissons nous secouent.
Tu viens contre moi pour chercher une source de chaleur animale qui peine un peu à s'exhaler.

Je te prends dans mes bras comme pour te protéger. Puis nous nous frictionnons énergiquement avec la paume de nos mains. Mes doigts passent et repassent avec délectation sur les muscles de ton dos, sur le plat de ton ventre, sans oser toucher les trésors offerts à ma vue.

Un peu réchauffés, nous remontons la rive et oh surprise l'anse se révèle en fait être au sein d'un petit îlot éloigné des deux berges de la rivière. Nous voilà bien, loin de tout, empêchés que nous sommes de regagner les rives à la nage à cause du courant médian.

Une heure passe pas de signe de vie sur la rivière, tandis que maintenant le soleil décline vite.

J'ôte mon pantalon qui a un peu séché et je te l'offre, tu ne dis pas non. C'est moi qui suis en slip maintenant.

On fouinant un peu, je découvre une cabane en planches de bois, probablement construite par quelques chasseurs d'oiseaux. Nous y rentrons, un âtre sommaire est là, quelques bottes de paille jetées dans un coin. Un garde manger avec quelques provisions de bouche, deux bouteilles de vieux bordeaux. Et surprise divine, une réserve de bûches et de quoi allumer un feu.

Quelques instants plus tard, la vie reprend ces droits, nous nous réchauffons en face du foyer qui illumine la cabane de ses longues flammèches.

Nous sommes assis, près des flammes, les bouteilles de vin, ouvertes par mon couteau de poche qui ne quitte pas la poche de mon pantalon, feront notre repas, les provisions étant peu sures. Je souris de te voir boire au goulot le précieux breuvage, deux gouttes malignes glissent sur ton menton, l'une empruntant le sillon de ta poitrine, l'autre mutine glissant sur ton sein pour s'arrêter sur la pointe en hésitant sur le chemin à suivre.

De mon index courbé, je la recueille pour la porter à mes lèvres, tandis que la caresse provoque un réflexe qui fait vibrer ton ventre. Je poursuis en prélevant l'autre goutte logée sur ton nombril. Tes yeux brillent des flammèches qui s'y mirent. Tu poses ta main à plat sur ma poitrine, tandis que je sens monter en moi un désir qui tend mon unique pièce de vêtement.

« Sophie, il ne faut pas » seule phrase que je peux prononcer d'une voix grave. Elle sourit, me prend la main, tourne sa paume et la porte à son visage sur la joue puis sur sa bouche désirable.

« il faut bien …», me dit-elle en interrompant sa phrase. Puis « laisse moi faire ».

Elle se lève, puis ôte mon vêtement, retire son slip blanc, et debout face au feu, me tourne le dos, jambes écartées, en me laissant mirer les boucles de son sexe dans le halo de lumière chancelante.

Puis elle me dit « je te comprends, mais laisse-moi exprimer mon désir, ne me touche pas, regarde »…


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